Je suis fatiguée et exténuée. Depuis plus d'un mois, je prépare un exposé, que j'ai d'ailleurs présenté aujourdh'ui, vendredi 13, à l'oral. Je devais parler du bonheur ... jouant le rôle d'une philosophe attachée aux valeurs morales, je me devais de défendre une certaine vision du bonheur, attachée aux vertus et au bien. Je devais croire en un bonheur accessible et réfuter ceux qui affirmaient que le bonheur n'existe pas. Quelle ironie, n'est-ce pas ? Passer des semaines à faire des recherches sur un concept auquel on ne croit pas, et défendre l'existence d'une chose qu'on ne connait même pas. J'ai du lire des dizaines de documents sur le bonheur, me posant mille et une questions, me demandant comment ces philosophes pouvaient avoir autant d'énergie au fond d'eux mêmes en défendant une idée de bonheur, qui me paraît inaccessible. Comment peut-on croire au bonheur, lorsque nous n'avons jamais croisé une personne sur terre, qui nous affirme qu'elle est entièrement heureuse ? Partant du principe que nous possédons des désirs parfois jamais assouvis, que même lorsque ceux ci sont satisfaits, d'autres naissent, nous manquons donc toujours de quelque chose. Et ce manque, cette sensation d'insatisfaction freine cette réalisation du bonheur. Manquer de quelque chose, ce n'est pas être heureux, au contraire nous vivons à travers des rêves, des envies d'obtenir une vie selon une idée déjà préconçue. A mes yeux, quelqu'un d'heureux c'est quelqu'un qui a eu tout ce qu'il voulait dans ce bas monde, qui a réalisé ses projets professionnels et personnels. Mais comment peut-on nous dire heureux, lorsque nous n'avons plus de rêves ? Comment peut-on oser dire que nous nous épanouissons entièrement sur terre car on a tout ce qu'on désire, alors que nous ne possédons plus aucun rêve en tête, qu'aucune ambition ne nous guide ? Je sais que je suis en train de débattre seule sur un sujet qui ne sera sûrement jamais résolu, et d'ailleurs je ne pense pas être celle qui pourra trouver une solution à ce paradoxe. Mais à mes yeux, le bonheur n'existe pas, ou alors il n'est qu'éphémère. Je ne dis pas ça de façon pessimiste, bien au contraire. J'affirme seulement qu'un bonheur constant est impossible, que nous vivons seulement des MOMENTS de bonheur dans notre vie, ceux ci sont vite rattrapés par des tragédies et le plus malicieux d'entre nous n'y échappent pas. Alors dans ce cas, nous retombons vite dans la notion de "plaisir", puisque par définition, ce qui est qualifié d'éphémère, c'est justement le plaisir. Alors peut-on dire que ces petits plaisirs de la vie nous mènent vers un bonheur ? Ou bien peut-on dire que le bonheur n'existe pas et qu'il n'existe que des courts instants de plaisir, qui nous feraient ressentir cette sensation de béatitude ? Je ne sais pas. J'ai passé un mois entier à me demander ce que c'était ce foutu bonheur. Moi, je le vois dans l'amour. C'est vrai, l'amour, bien que ce soit cliché, nous prodigue ces petits plaisirs quotidiens qui nous apportent cette sérénité et ce bonheur, mais encore une fois, il n'est pas absolu, et ne dure parfois que quelques courts instants. On est vite rattrapés par la réalité. Qui n'a jamais souffert par amour ? Qui n'a jamais eu mal au coeur suite à une déception amoureuse ? Pourtant, cet amour là nous a apporté ce bonheur dont on rêve tous. Je ne crois pas pouvoir imaginer une vie heureuse sans amour, que ce soit l'amour d'un homme, ou celui d'un parent.
Au fond de moi, je le sais, mais je fais semblant de ne pas savoir. Il est tellement plus simple d'ignorer les choses après tout, comment vivrai-je si je m'avouais que ce bonheur n'existe pas, et que je n'atteindrai jamais ce summum ? Plus rien n'aura de sens, je tournerai au rond puisque je ne trouverai plus cela utile de continuer. N'oublions pas qu'on est TOUS, même sans le savoir, à la quête du bonheur, à la quête de moments heureux qui durerait toute une vie. C'est tellement plus simple d'y croire...
Je ne sais pas comment je vois le bonheur. Au fond, ce n'est qu'une notion vague, que l'on peut obtenir que dans nos rêves les plus fous, mais encore une fois, ces rêves ne durent qu'une nuit...
Je veux bien m'endormir éternellement et continuer à rêver de façon incessante, de vivre ce bonheur.
A vrai dire, je ne sais pas vraiment ce que je veux.